« Discerner quelle est la volonté de Dieu«
Dernier dimanche du mois d’août, à quelques jours de la reprise de notre rythme, les textes de ce jour nous offrent de belles pistes de méditation mais aussi de conversions. Cet été a eu une saveur particulière, chaleur, sécheresse, … Dès le mois de juillet, certains d’entre vous me disait leur fatigue, la maladie qui s’aggrave, une lassitude de ne pas pouvoir sortir dehors, ou leur désolation sur les dégâts sur la nature. L’été habituellement synonyme de légèreté a rimé avec gravité. Une gravité qui semble résonner avec les textes de ce dimanche.
Le passage d’Evangile est indissociable de l’Evangile de dimanche dernier. Nous avons entendu la magnifique profession de foi de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », suivi de l’annonce de la mission de Pierre. Tout était grand et beau dans ce récit : la profession de foi, la mission de Pierre. Et aujourd’hui, patatras, tout tombe par terre. Jésus annonce sa passion et sa résurrection, et Pierre refuse, il résiste. Que le Messie puisse être torturé et mis à mort est impensable. Cela ne peut pas être. Discerner la volonté de Dieu, c’est accueillir la parole du Centurion quand il voit comment Jésus meurt « vraiment cet homme est fils de Dieu ». C’est reconnaitre comme sauveur, celui qui nous a aimé jusqu’à l’extrême, jusqu’à mourir sur la croix pour nous faire participer à sa vie divine.
La première lecture souligne une dimension paradoxale. A la fois, Jérémie se sent poussé à répondre à l’appel de Dieu car sa Parole est comme un feu brulant. Et il ne récolte que moqueries et insultes, comme une préfiguration de la passion de Jésus. Á première vue, cela n’incite pas vraiment à faire la volonté du Christ !
Discerner la volonté de Dieu à partir de ces textes, c’est regarder comment Jésus a passé ces moments et essayer de s’en inspirer. Il n’a pas cherché la croix, elle est venue à lui et il n’a pas fui, il a consenti à traverser l’épreuve. Habité par les Ecritures, et la confiance en son Père, Il a pleuré, il s’est laissé porter sur la croix, il a crié « mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Mais d’abord regarder cela comme le don d’amour par excellence. Jésus a aimé les hommes et les femmes jusqu’à l’extrême et à cause de cela, il a donné sa vie pour nous et pour le pardon des péchés. Et il nous invite à marcher à sa suite sur ce chemin d’une vie donnée qui s’enracine dans l’amour et la justice, avec ce tout ce que cela peut impliquer concrètement.
Chaque dimanche, à la messe, au moment de la quête et de la procession des offrandes, ce sont bien nos actions et nos vies que nous sommes appelés à offrir pour que le pain et le vin deviennent Corps et Sang du Christ.
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale