« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor «
Depuis maintenant trois dimanches, nous sommes avec la foule au bord de la mer pour écouter Jésus nous parler du Royaume par des paraboles. Tour à tour, Jésus compare le Royaume à un homme qui sème, à une graine, à du levain, à un trésor, à un marchand qui cherche des perles, à un filet qui ramène toutes sortes de poissons. Il ne donne pas une définition du Royaume. En nous racontant des paraboles, il nous fait participer à cette expérience du Royaume qui peut prendre de multiples figures. Alors que nous sommes souvent mal à l’aise avec la royauté de Dieu, Jésus essaie de nous faire entrer dans cette réalité du Royaume.
La dernière parabole raconte un retour de pêche et le tri à faire entre les bons et les mauvais poissons, entre les bons et les mauvais comportements. La gravité des mots dans cette troisième parabole souligne la gravité de nos choix de vie et de leurs conséquences.
Ce Royaume est comparable à un trésor, qui était caché à un marchand qui cherche des perles précieuses, à un filet qui attrape des poissons dans la mer. Ce qui était caché aux yeux des hommes et des femmes est révélé et se révèle dans sa richesse qui dépasse tous nos biens, dans la fécondité de la pêche. Et c’est tellement fort que l’homme, dans sa joie, repart, vend tout ce qu’il a pour acheter l’ensemble du champ. Même si Jésus force souvent le trait dans les paraboles, nous entendons bien la joie de cet homme et du Royaume. Faire advenir le Royaume de Dieu, c’est goûter cette joie qui vient de Dieu. L’homme vend tout ce qu’il a pour acheter le trésor. Même immense, notre fortune ne suffirait pas pour acheter le Royaume. Ce sont les pauvres, les boiteux, les malades, les enfants qui seront les premiers dans le Royaume. Comme si c’était par nos manques, nos fragilités, notre repentir et pas d’abord par nos mérites et nos forces que nous pourrons goûter à la joie du Royaume. Un premier pas pourrait être de commencer à consentir à nos fragilités, à nos manquements vis-à-vis des autres, et à méditer que notre valeur aux yeux de Dieu ne vient pas de ce que nous possédons, mais de notre dignité de fils et fille de Dieu, de l’amour inconditionnel qu’il nous donne. Écoutons l’hymne aux Philippiens (Ph2), Jésus n’a pas retenu la condition qui le faisait l’égal de Dieu, mais il a pris la condition de serviteur. Jésus lui-même s’est fait pauvre dans ce monde pour se faire proche des pauvres.
Jésus se révèle pleinement quand il meurt sur la croix. Le Seigneur se révèle à Moïse dans un buisson ardent en disant « j’ai entendu la misère de ton peuple ». « L’Église est lumière lorsqu’elle se dépouille de tout et que la sainteté passe à travers un cœur humble et tourné vers les petits » (Dilexi te 67)
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale