« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »
50 jours après Pâques, la fête de la Pentecôte clôt le temps pascal. Le cierge pascal, qui a été allumé le soir de la Vigile pascale, est resté allumé tout le temps pascal jusqu’à ce dimanche de Pentecôte, comme si ces 50 jours n’étaient qu’un seul dimanche de Pâques qui perdure. Nous avons entendu les récits de la résurrection et les Actes des Apôtres. De Pâques à la Pentecôte, nous avons plongé dans le mystère pascal dans toutes ses dimensions : la mort et la résurrection du Christ, ainsi que le don de l’Esprit Saint. L’Évangile de ce dimanche nous emmène au premier jour de la semaine après la résurrection du Christ. Les disciples ont entendu le témoignage de Marie-Madeleine, mais restent enfermés entre eux. Il a fallu que le Christ ressuscité vienne au milieu d’eux, vivant avec les marques de la crucifixion, et envoie sur eux l’Esprit Saint pour que les portes s’ouvrent et que les disciples puissent entendre l’envoi en mission.
La Pentecôte est un commencement. Comme l’Esprit a plané sur les eaux au commencement, l’Esprit « plane » sur le commencement de l’Eglise, sur le commencement de notre vie à la suite du Christ. Il est comme le souffle du cri du nouveau-né. Nous pouvons accueillir personnellement et communautairement ce souffle de vie. Et nous pourrons dire : « Jésus est Seigneur », Dieu fait homme, mort et ressuscité pour nous sauver et guider nos pas dans les siens.
Cette année pastorale nous a fait vivre à tous de nombreux changements, dans nos vies personnelles, mais aussi dans la vie paroissiale. À l’image des disciples, l’Esprit Saint vient nous faire ouvrir les portes que nous tenions fermées pour sortir de nos peurs et témoigner de la Bonne Nouvelle de Dieu. D’une manière assez symbolique, à plusieurs reprises ces derniers dimanches, des personnes sont entrées dans une des églises de la paroisse en entendant la messe à travers la porte ouverte. J’y vois une invitation à consentir à sortir de nos craintes de la nouveauté et à accueillir l’inattendu de Dieu. Celui-ci vient dans le surgissement de l’écoute de la Parole de Dieu, de l’écoute des plus petits. Il vient fissurer nos certitudes, nos habitudes pour laisser passer la lumière. L’inattendu de Dieu vient interrompre notre quotidien et nous appelle à accueillir dans notre cœur l’appel que le Seigneur nous fait. Et nous pourrons rayonner à notre tour de la lumière du Christ.
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale