Qu’éclate la joie de Pâques
Les vendredi samedi saints, nous faisons mémoire des jours d’obscurité et de silence. Christ est mort. Les cloches se taisent, la messe n’est pas célébrée. Le silence vient habiter cette nuit, c’est le silence de Dieu. Nous sommes samedi soir, le soleil vient de se coucher, l’obscurité de nos yeux vient exprimer l’obscurité de la mort de Dieu. Au cœur de cette nuit, nous sommes rassemblés sur le parvis. Au cœur de la nuit, mais dans l’attente, dans l’espérance de la résurrection.
Et là, le feu nouveau jaillit de la pierre. La lumière jaillit des pierres, comme la vie du Christ ressuscité a jaillit du tombeau et a laissé le tombeau vide. En regardant le cierge pascal, nous contemplons le Christ ressuscité, Il est la lumière qui jaillit au plus profond de nos obscurités. Il est la vie plus forte que la mort.
Quand je vois les cierges s’illuminer au cierge pascal, je me souviens de mon baptême. Mon parrain a allumé mon cierge au cierge pascal, et j’ai reçu la lumière du Christ dans ma vie. Je vois les cierges s’allumer les uns après les autres. Les catéchumènes sont là, dans un moment ils plongeront par trois fois dans l’eau du baptême et recevront la lumière du Christ. Ils sont là, ils n’ont pas de cierge dans la main, mais le cierge pascal et tous les autres cierges éclairent déjà leurs obscurités.
Alors, le diacre s’avance vers le chœur en portant le cierge pascal. Nous le suivons comme nous voulons suivre le Christ, nos lumières s’ajoutant à celle du Christ pour chasser la nuit. Une vague de lumière transperce l’obscurité de l’église. Trois fois nous nous arrêtons et le diacre proclame « Lumière du Christ ». Dans l’église nouvellement illuminée, le prêtre chante l’Exultet et nous entendons la joie de la résurrection éclater.
Quand j’entends cette bénédiction, j’entends ce cri de joie, des anges, du monde et des fils et filles de Dieu. Joie de l’annonce de la victoire du Christ sur la mort. Promesse d’une joie sans mélange pour ceux qui feront ce passage avec le Christ de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière.
Oui, laissons éclater cette joie, joie de l’aventure extraordinaire de vivre avec le Christ. Tellement extraordinaire, que nous voudrions crier notre joie à tous.
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale