« Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu »
Chers frères et sœurs, nous voici arrivés au seuil de la semaine sainte. L’entrée de Jésus dans Jérusalem sous les acclamations de la foule, ses enseignements au temple, le dernier repas, son arrestation, sa condamnation, sa mort sur la croix et le tombeau vide. Nous allons traverser le cœur du Mystère. Vivre la semaine sainte, un mystère d’amour, le mystère de la vie plus fort que la mort.
La semaine sainte s’ouvre comme un chemin qui commence avec les rameaux et trouve son sommet le jour de Pâques. C’est le chemin qui nous a conduit au baptême et que nous refaisons chaque année. Ce mystère que nous traversons, c’est le Christ. Nous pouvons déjà entendre la voix du centurion au pied du Christ mort « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ». Mais c’est bien pendant toute cette semaine sainte que Jésus va se dévoiler à nous.
C’est un chemin qu’il nous faut emprunter jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur la croix et la résurrection. Le grand prêtre, au moment de l’arrestation de Jésus, dira que Jésus est Fils de Dieu mais pour le faire condamner. Il faut aller jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection pour que nous soit révélé qui est Jésus.
Jésus est roi, et il l’est réellement. Mais c’est un roi qui monte sur un ânon. Il se met en tenue de service pour, comme le faisaient les esclaves, laver les pieds de ses disciples. Arrêté, sa couronne est couronne d’épines. Les soldats tournent sa royauté en dérision et la croix devient son trône. Sa royauté n’est pas de ce monde, sa royauté est don de soi dans l’humilité, l’amour et le service. Par le baptême, nous sommes devenus participant de cette royauté du Christ, qui est don de soi dans l’humilité, l’amour et le service.
Jésus est Fils de Dieu, il a la condition de Dieu, mais c’est fait homme. Il a connu l’angoisse de la mort, la tristesse, la trahison de Judas, le reniement de Pierre, les coups de fouet, les insultes et la solitude de la croix. Par amour pour nous, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix. Par sa résurrection, il a vaincu la mort. Et parce qu’il a traversé notre humanité, par le baptême, il nous fait participer à sa vie divine.
Que les célébrations de cette semaine soient pour chacun de nous, révélation de qui est Jésus et de ce que nous sommes appelés à vivre par notre baptême.
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale