« Crois-tu cela ? »
Nous sommes aux portes de Jérusalem. La tension monte, on cherche à lapider Jésus, et Lazare son ami tombe malade et meurt. Le prophète Ezéchiel nous parle de tombeaux, et le psalmiste crie des profondeurs. Il y a une grande cohérence dans les textes de ce dimanche. Elle résonne comme une confession de foi. Dieu n’a jamais abandonné son peuple. Jésus n’abandonne pas Lazare. Dieu ne nous abandonne pas. Nous pouvons avoir confiance, Dieu est là, avec nous. Parce qu’il est là, nous pouvons traverser les épreuves sans craindre le mal.
Jésus n’abandonne pas Lazare. Nous sommes souvent étonnés de lire que Jésus attend plusieurs jours avant d’aller voir son ami Lazare et sommes moins attentifs aux risques qu’il prend en allant le voir. Je suis toujours touchée en lisant ce récit d’entendre que Jésus reste à l’entrée du village, il n’entre pas directement dans la maison. Il vient rejoindre Marthe et Marie, il pleure avec elles, et est remué aux entrailles par la mort de son ami, mais il laisse un espace. Et c’est justement dans cet espace de liberté que Marthe va pouvoir confesser sa foi et Lazare revenir à la vie.
L’Evangile de dimanche est bien plus que le récit de la résurrection de Lazare. Il est récit de la proclamation de foi de Marthe. Jésus est la résurrection et la vie, il est le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. Nous pouvons faire le parallèle avec l’Evangile de Marc. Juste avant d’arriver à Jérusalem, Jésus et ses disciples rencontrent Bartimé. Aveugle, il est assis au bord de la route, et lui aussi va confesser sa foi en Jésus.
A la différence des disciples, nous arrivons aux portes de Jérusalem en croyant déjà en la résurrection du Christ. Nous croyons que la vie en Christ est plus forte que la mort et le mal. Nous avons confiance que Dieu nous aime, qu’il ne nous abandonnera pas. Nous pouvons miser notre vie sur lui. C’est habités de cette foi que nous pourrons traverser ensemble ces derniers jours de Carême et la semaine sainte et passer avec le Christ des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale