Edito du 6 au 13 juin

Edito du 6 au 13 juin

« La multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain « 

Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante ans dans le désert. En entendant aujourd’hui, la première lecture, je pense à la fête Dieu, ancien nom de la fête du Saint Sacrement. La foule avançait en procession derrière le Saint Sacrement et la foule recevait la bénédiction du célébrant. Je pense aussi à la procession eucharistique lors du pèlerinage à Lourdes. Ces processions expriment notre marche ensemble à la suite du Christ. L’Eucharistie fait l’Église. Pendant la longue marche de 40 ans dans le désert, Dieu a constitué son peuple : il l’a guidé, nourri, abreuvé, donné dix Paroles. Aujourd’hui encore, Il nous nourrit, nous bénit et à nous rassemble en un seul peuple par son Eucharistie. Et à l’image des processions, nous marchons et prions ensemble à sa suite. Fêter le Saint Sacrement, c’est devenir un seul Corps, le Corps du Christ. Chacun est un membre de ce Corps, dans la diversité de sa situation, de sa vie, et des dons reçus. Et le Corps a besoin de chacun de ses membres. Le Christ a besoin de toi, de moi pour que le Corps vive. Comment répondre à cet appel ?

La première réponse est celle de l’amour. Après la fête de la Sainte Trinité, la fête du Saint Sacrement nous fait approfondir le mystère de l’amour. Par amour, le Christ a donné sa vie pour nous sauver, Nous faisons mémoire de ce don : la mort et résurrection du Christ. Célébrer le Saint Sacrement, c’est donc entrer dans cet amour de Dieu, qui nous aime jusqu’à l’extrême et qui nous appelle à entrer dans ce même mouvement d’amour. Quand nous voyons des personnes découvrant la foi en Jésus-Christ, elles témoignent de la force transformante de cet amour. Un regard sur Dieu, sur elles-mêmes et les autres qui change.

Le Seigneur a délivré le peuple hébreu, il l’a sorti d’Egypte, il l’a nourri, accompagné, abreuvé, aimé et accompagné. Et le peuple a été un peuple à la nuque raide, qui récriminait contre Le Seigneur qui les a fait sortir de l’esclavage, comme si l’exigence d’une vie libre, sortie de l’esclavage pouvait faire regretter la vie d’esclave. Je vous invite à prendre au sérieux ces récriminations. Elles sont signes que nous pouvons éprouver des résistances à vivre une vie eucharistique, c’est-à-dire accueillir l’amour de Dieu pour nous et le partager, non seulement avec les proches mais aussi avec les plus lointains. Une possibilité est d’apprendre à contempler les personnes y compris celles que nous ne connaissons pas comme aimées de Dieu. Dieu a aussi donné sa vie pour elles par amour. Ce geste simple peut changer notre regard, notre vie !

Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale

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