« Tu m’apprends le chemin de la vie «
La liturgie de ce dimanche nous donne à entendre le récit de pèlerins d’Emmaüs. « Encore » me direz-vous. Nous l’avons entendu le soir du dimanche de Pâques, lors des préparations de première communion, … L’Eglise nous le propose de nouveau en ce troisième dimanche de Pâques, en lien avec le premier discours de Pierre. Celui-ci annonce la mort sur la croix de Jésus, sa résurrection et la venue de l’Esprit Saint à une foule venue de tous les horizons. Environ 3000 personnes se joignirent aux disciples ce jour-là. Cette annonce vient comme en contraste avec le récit des disciples d’Emmaüs. Jésus vient en personne leur expliquer le mystère de sa mort et de sa résurrection, et pourtant ils ne comprennent rien.
La mort sur la croix, le mystère du mal sont de tels scandales qu’ils empêchaient les disciples -et nous « empêchent » de croire que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. Jésus en personne n’arrive pas à les convaincre ! Il faut la fraction du pain, la présence de l’Esprit pour reconnaitre le Messie en cet homme mort sur la croix et ressuscité. Je suis touchée par la complémentarité de ces récits, par cette diversité de chemins pour annoncer le mystère du Christ mort et ressuscité. Ils viennent nous rappeler que notre foi en un Sauveur mort sur la croix et ressuscité par amour pour nous n’a rien d’une évidence. Ce n’est pas un savoir académique, mais l’expérience personnelle et communautaire d’un Dieu qui s’est révélé en prenant la condition humaine. Il nous faut traverser avec lui le mystère du mal et de la mort pour accueillir sa vie divine en nous. Les textes de ce jour et de tout le temps pascal nous offrent différents « moyens » : écouter la Parole de Dieu, partager le pain sur la table eucharistique et dans la vie, se laisser habiter par l’Esprit Saint. Il ne s’agit pas de choisir entre ces moyens, tous sont essentiels et se répondent les uns les autres pour vivre de cette vie de ressuscité.
Alors comme David et Pierre, notre cœur pourra être en fête, et notre bouche annoncer la joie de la résurrection. Car cette vie de Dieu est plus forte que la morosité et le mal qui traversent notre société. Avec l’aide de l’Esprit Saint, elle nous donne la force et l’espérance de devenir des témoins de paix et de justice. Elle appelle aussi à « vivre avec sobriété et profondeur d’esprit et de cœur » (Léon XIV). Car au-delà des apparences, c’est bien là que nous pourrons vivre la joie du ressuscité.
Aude Corvaisier-Riche, déléguée pastorale